FAID Cities of Tomorrow – Lancement réussi d’une série de webinaires

FAID Cities of Tomorrow – Lancement réussi d’une série de webinaires

Premier bilan sur le lancement d'une nouvelle initiative du Service pour la Science et la Technologie autour des villes de demain.

[Mise à jour : Lien vers les vidéos de présentation (en anglais) ici]

Le 23 septembre s’est tenu le lancement d’une série de webinaires sur les villes de demain. Cette série d’événements a pour but d’ouvrir un dialogue entre chercheurs académiques français et américains sur l’importance des questions de sécurité et de confiance à l’heure du numérique, notamment dans la conception des villes de demain. Ces événements en ligne, conçus comme des espaces d’échanges réguliers, permettront notamment de mettre en valeur des projets phares de recherche, des deux côtés de l’Atlantique, en confrontant les points de vue et approches possibles pour le développement de solutions et de stratégies qui concilient sûreté, inclusion et innovation.

Dans le contexte actuel de pandémie, cette initiative constitue une première étape avant l’organisation d’un événement en présentiel courant 2021 sur le format des French American Innovation (FAID) à Washington, DC.

Réenchanter les Champs-Elysées : présentation d’une collaboration franco-américaine réussie

Pour ce premier opus, le Service pour la Science et la Technologie (SST) de l’Ambassade de France aux Etats-Unis a eu le grand plaisir d’accueillir l’architecte-urbaniste Philippe Chiambaretta, fondateur de l’agence d’architecture et laboratoire de réflexion PCA-STREAM, basé à Paris, ainsi que Kent Larson, directeur du City Science Group au sein du MIT Media Lab. Nous avons aussi pu compter sur la participation précieuse en tant que modérateur d’Arnaud Grignard, chercheur français également dans le City Science Group et spécialiste de la modélisation des systèmes complexes et de la visualisation de l’information.

Philippe Chiambaretta et Kent Larson sont ainsi revenus sur le projet emblématique de rénovation des Champs-Elysées qui illustre comment les outils numériques actuels peuvent être utilisés pour repenser et co-inventer les espaces publics, en partenariat avec les citoyens et les utilisateurs, pour une ville plus inclusive, plus durable et plus désirable. Développé depuis 2018, le projet a conduit à la publication d’une étude Champs-Elysées, histoire & perspectives, une exposition au Pavillon de l’Arsenal à Paris dès février 2020 (exposition captée en virtuel et disponible ici) ainsi qu’à une consultation publique organisée par la startup de civic tech Make.Org.

Dans sa présentation, Philippe Chiambaretta a notamment insisté sur le concept de la ville-métabolisme et sur la nécessité d’adopter une approche systémique dans l’étude des villes, pour permettre le suivi et l’adaptation des différentes stratégies et interventions urbaines.

Dans la suite de son exposé, il a pu montrer comment il était possible de mêler méthodes plus traditionnelles et nouveaux outils pour produire des diagnostics urbains plus riches. L’étude de documents anciens, comme les différentes cartes des Champs-Elysées datées du XVIIème au XXème siècles, a par exemple permis de construire un film montrant l’évolution de la plus célèbre des avenues. A travers ce film, nous pouvons facilement observer en particulier à quel point le bâti a peu à peu pris le dessus sur la nature.

Les traditionnelles enquêtes quant à elles, menées auprès des parisiens et des franciliens plus généralement, font constater un désamour pour ce lieu autrefois symbole de progrès. Au-delà de ce déficit d’image chez les usagers, l’utilisation de données nouvelles (comme les données de réseaux télécoms) et existantes (qualité de l’air, niveau sonore, température) et surtout leur visualisation permettent de confronter ressenti et réalité.

Outre l’observation de l’existant, les outils numériques peuvent aussi nous permettre de mieux appréhender le futur par le biais de simulations et la mise à l’épreuve de différents scénarios d’intervention urbaine. C’est notamment dans ce cadre que le MIT est intervenu et a mis à contribution son expertise technique dans le domaine de la modélisation et de l’analyse de données. Dans la dernière partie, Philippe Chiambaretta s’est donc focalisé sur la zone basse des Champs-Elysées, autour de la place de la Concorde, et nous a offert une vision à l’horizon 2030 d’un espace public avec davantage de verdure et plus accessible. Pensé de manière collaborative, il répond mieux aux besoins des usagers.

City Science Group : un centre d’expertise au MIT pour penser le futur des villes

Prenant la suite de Philippe Chiambaretta, Kent Larson est revenu sur plusieurs autres projets entrepris au sein du City Science Group et sur différents concepts novateurs qui s’appuient sur les nouvelles technologies, mais qui permettent avant tout de réinventer notre rapport à la ville. En effet, l’une des idées directrices de l’équipe dirigée par Kent Larson est que les grands défis de notre temps, qu’il s’agisse de combattre le réchauffement climatique, de santé publique ou de problématiques sociales, seront traités de manière plus efficace à l’échelle de la ville. Néanmoins, pour ce faire, il est nécessaire de revenir à une réflexion et à une conception de la ville centrée sur les personnes et les usages, et non centrée sur les machines comme cela a pu être le cas durant plusieurs décennies, avec par exemple l’impact de l’automobile sur les formes urbaines.

   

C’est dans cet état d’esprit que le City Science Group a notamment développé l’approche dite de « Cities without », une invitation à réinventer, par exemple, la mobilité urbaine sans la voiture, à repenser des logements sans pièces différenciées, à concevoir des formes d’accès sans recours à la propriété ou bien encore à développer une ville harmonieuse sans passer par une planification urbaine stricte. Bien que la formulation puisse sembler provocatrice à bien des égards, il ne s’agit pas pour autant de tourner le dos à la modernité et à la technologie, mais au contraire de questionner la lourdeur des infrastructures et institutions existantes, utiliser les nouveaux outils -notamment du numérique- pour entrevoir d’autres modèles pour penser la ville de manière plus collaborative, de recourir à des structures et des systèmes qui font la part belle à l’architecture distribuée et offrant une plus grande autonomie et indépendance. [Retrouver ici plus d’informations sur l’événement du 7 au 9 octobre 2020 : City Science Summit Guadalajara – The Power of WITHOUT]

Durant son intervention, Kent Larson est également revenu sur la collaboration entre le City Science Group et PCA-STREAM pour le projet Champs-Elysées, avec notamment la mise à disposition des outils développés par son groupe de recherche. Sur les illustrations ci-dessous, on peut voir par exemple la création d’une maquette physique de l’avenue qu’un architecte, un designer mais aussi tout visiteur de l’exposition ou décideur politique, peut manipuler, modifier pour voir l’impact en temps réel de chaque intervention sur les différents systèmes qui composent la ville, et ainsi évaluer les stratégies et politiques urbaines les plus judicieuses à poursuivre. Kent Larson a également mentionné un autre projet similaire de collaboration franco-américain, mené par Arnaud Grignard, qui concernait cette fois-ci la ville de Lyon et le quartier Confluence qui témoigne des liens dynamiques qui existent le City Science Group et la France.

En conclusion, Kent Larson a évoqué la création d’un réseau de villes à travers le monde City Science Network dans lesquelles sont implantés des laboratoires d’expérimentation urbaine. Près d’une dizaine dont Helsinki, Toronto, Guadalajara ou Shanghai ont déjà rejoint cette initiative.

   

 

Université Gustave Eiffel : préparer la transformation et l’adaptation des villes et des territoires

Dans la seconde partie du webinaire, Claude Marin-Lamellet, vice-président adjoint en charge de l’international, a présenté la nouvelle Université Gustave Eiffel (UGE).

Née le 1er janvier 2020, l’UGE est l’alliance deplusieurs acteurs : l’université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM), l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP), l’École Nationale des Sciences Géographiques (ENSG Géomatique), ESIEE Paris, l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR). Elle a pour ambition de devenir un établissement internationalement reconnu dans le domaine des villes durables.

Cette présentation a été l’occasion de décrire le vaste réseau d’entités et d’infrastructures de classe mondiale (16 instituts de formation et 23 structures de recherche) qui composent l’université et qui sont réparties sur l’ensemble de l’Hexagone, mais aussi de présenter la riche offre de formation et de partenariat de recherche, ouvertes à l’international.

Succès à renouveler, de nouveaux webinaires à venir

Lors de ce premier événement, près de 375 personnes étaient inscrites et plus de 200 se sont connectées le jour J. Au-delà des participants côtés français et américain, l’événement a ainsi été suivi par de nombreux collègues en Asie-Océanie, dans les Amériques et ailleurs en Europe, ce qui témoigne de l’intérêt global pour la thématique des villes et du numérique. Une vidéo des présentations est disponible sur notre site internet en [cliquant ici].

Forts de ce début très encourageant, nous invitons nos différents collègues en France ou aux Etats-Unis qui travaillent sur ces thématiques et souhaiteraient participer aux prochains événements à nous contacter. En particulier, pour les éditions à venir pour lesquelles plusieurs contacts ont été engagés sur les sujets suivants : (a) résilience des villes et gestion des risques, (b) villes inclusives et (c) futur des transports.

Rédacteur

Kévin Kok Heang, Attaché adjoint pour la Science et la Technologie, [email protected] 

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