Ports spatiaux aux Etats-Unis et quelques enjeux du New Space

Ports spatiaux aux Etats-Unis et quelques enjeux du New Space

Découverte d’un écosystème du New Space avec ses activités combinant recherche, innovation et éducation.

Le « nouvel âge spatial » ou « New Space » désigne un nouveau modèle fondé sur une multiplication des acteurs commerciaux et l’adoption de nouveaux business models et modèles industriels inspirés du secteur privé et notamment du monde du numérique. Il repose également sur l’émergence de nouvelles applications issues de la disponibilité croissante des données spatiales.

Le New Space est né aux États-Unis au début des années 2000, favorisé par un cadre juridique qui rend plus accessibles les activités spatiales pour les acteurs privés (ex : Blue Origin, SpaceX).

Aussi, si le mot « port spatial » ou « spatioport » (« spaceport ») a traditionnellement été utilisé pour les sites capables de lancer des engins spatiaux en orbite autour de la Terre ou sur des trajectoires interplanétaires (ex : depuis les sites de Baïkonour, Kourou, Cap Canaveral, etc.), depuis deux décennies, il désigne également des sites de lancement de fusées pour des vols purement suborbitaux, des stations spatiales et les futures bases sur la Lune, en particulier si elles sont destinées à servir de base pour des voyages ultérieurs.

C’est sur les concepts de New Space et de port spatial aux Etats-Unis -et en particulier au Texas- que se focalise cet article.

 

Ports spatiaux aux Etats-Unis

Un bureau des ports spatiaux[1] a été créé par la loi d’autorisation de la Federal Aviation Administration (FAA)[2] de 2018[3]. C’est un bureau centralisé au sein du bureau du transport commercial[4] de la FAA qui recense actuellement 13 ports spatiaux agréés (voir symboles bleus sur la carte ci-dessous).

 

Cartographie des différents ports spatiaux (« space ports ») aux Etats-Unis. Sont actuellement recensés : 13 ports spatiaux « non-fédéraux » ayant la licence de la FAA (en bleu) ; 3 ports spatiaux fédéraux ; 1 site FAA de récupération ; et 3 ports spatiaux privés (sans licence FAA). Les états de la Floride (7) et du Texas (5) sont ceux disposant du plus grand nombre de sites. Source : FAA.

Ces ports spatiaux se sont développés en grande partie à partir d’anciennes installations militaires et de la NASA[5]. La plupart d’entre eux n’ont pas encore procédé à de véritables lancements de fusées, et ceux qui le font ont des lanceurs aéroportés qui sont souvent déployés à haute altitude.

La FAA vise actuellement à promouvoir un système national de ports spatiaux robuste et innovant, permettant aux États-Unis de devenir un leader mondial dans l’industrie du transport spatial commercial selon plusieurs axes affichés qui sont :

  • Renforcer la compétitivité des infrastructures en encourageant l’innovation et les partenariats stratégiques pour la planification et le développement futurs des ports spatiaux,
  • Moderniser la réglementation des sites de lancement et de rentrée aux États-Unis afin de d’augmenter la sécurité publique
  • Collaborer avec les pays qui développent des sites de lancement ou de réentrée pour définir des réglementations et des meilleures pratiques en matière de sécurité lors des activités de lancement et de rentrée, afin de soutenir les États-Unis en tant que leader mondial de l’industrie du transport spatial commercial.

 

Les ports spatiaux peuvent être classés selon le type de décollage ou bien de structure.

Par rapport au type de décollage, les 2 principales catégories sont :

  • Horizontal : un avion s’élève à environ 12 km (40 000 pieds), puis l’engin qui y était accroché est désolidarisé, il enclenche alors son réacteur (rocket), puis redescend comme un avion classique sur une piste d’atterrissage,
  • Vertical : la fusée (rocket) s’élève verticalement dans les airs, puis sa trajectoire dévie afin de s’écarter de toute zone habitée (ex.: SpaceX à Boca Chica, au Texas). Ces ports spatiaux nécessitent d’être très loin des zones habitées (ex : déserts ou près des côtes, comme l’océan atlantique depuis la Floride).

Par rapport au type de structures, les 3 principales catégories sont :

  • Spatioport opéré par une entité fédérale (ex. : Kennedy Space Center en Floride)
  • Spatioport construit, opéré et utilisé par un unique opérateur commercial (ex. : Launch Site One opéré au Texas par Blue Origin, Boca Chica opéré au Texas par SpaceX)
  • Spatioport utilisé par plusieurs opérateurs commerciaux (ex. : Houston Spaceport)

Le port spatial de Houston

Avec le site du Johnson Space Center (JSC), la NASA a fait de Houston le centre de l’exploration spatiale humaine depuis bientôt 60 ans. Le célèbre discours de JFK « We choose to go to the moon » à l’université de Rice en 1962, sera ainsi célébré le 12 septembre prochain.

Depuis la mission historique Apollo 11 en 1969, de nombreux progrès dans les domaines autour de l’activité spatiale humaine ont été réalisés. L’impact économique de la NASA à Houston est important avec un budget de 4,6 milliards de dollars pour la dernière année fiscale et plus de 11 000 employés (sous-traitants et agents fédéraux)[6]. Ce centre de la NASA est leader ou très actifs dans plusieurs domaines dont : recherche et application des sciences du vivant, sélection et formation des astronautes, contrôle des missions spatiales et exploitation de la Station spatiale internationale, gestion des programmes de vols spatiaux, développement d’engins spatiaux à grande échelle, robotique et intelligence artificielle (IA). De fait, Houston compte plus de 23 000 personnes employées dans le secteur de l’aviation et du spatial, et plus de 25 institutions liées à l’espace[7].

Fort de cette expertise spatiale et souhaitant capitaliser sur ces savoir-faire, le directeur des 3 aéroports de Houston, Mario Diaz, essaie depuis 10 ans de développer l’un des 3 sites, l’Ellington Airport[8], en port spatial. Il s’agit d’une ancienne base militaire ouverte en 1917 qui a servi de base d’entraînement pour la première guerre mondiale. L’Ellington Airport est actuellement le siège de bases militaires, de la NASA et des garde-côtes.

 

Sculpture et logo à l’entrée de l’Ellington Airport qui héberge le port spatial de Houston. Source : R. Seigneuric

Avec l’accréditation fédérale de la FAA en juin 2015, l’aéroport d’Ellington est devenu le 10ème port spatial commercial (site à décollage horizontal) aux États-Unis[9]. Le 17 octobre 2018, le conseil municipal a approuvé le financement de la phase 1 de 18,8 millions de dollars pour l’amélioration des rues, des canalisations d’eau et des eaux usées, des installations de distribution d’électricité et des installations de communication sur le site.

 

Port spatial, recherches et innovation

Le port spatial cherche à étoffer et animer un écosystème spatial, ce qui passe notamment par la création d’incubateur et/ou d’accélérateurs, l’accueil de startups. Plusieurs startups ont ainsi rejoint les lieux dont Collins Aerospace, Intuitive Machines et la licorne Axiom Space[10],[11].

 

Axiom Space

Axiom Space, est une startup fondée en 2016 à Houston[12]. C’est aussi le premier locataire du port spatial. Axiom Space vient de célébrer le démarrage de la construction de ses nouveaux locaux sur un terrain de 9 hectares (22 acres). Ce campus sera utilisé pour former les futurs astronautes et développer une station spatiale commerciale.

En effet, l’objectif d’Axiom Space est de créer une station spatiale privée, Axiom Station, dans l’espoir d’être la première station spatiale construite et exploitée par le secteur privé en orbite terrestre basse (Low Earth Orbit, LEO) d’ici fin 2028. Cette station, soutenue par des contrats de la NASA, remplacera à terme l’ISS vers 2030. À cette fin, Axiom Space construit quatre modules qui seront attachés à l’ISS, dont le premier est prévu pour début 2024. Ces modules se détacheront alors pour former une station spatiale distincte.

En parallèle, Axiom Space opère –en lien avec SpaceX et son Falcon 9- des missions privées vers la Station spatiale internationale. La mission AX-1 a été lancée le 8 avril 2022. Elle a transporté en près de 21 heures de vol[13] quatre personnes vers l’ISS[14], ce qui en fait le premier voyage entièrement privé vers l’ISS. L’équipage de la mission est revenu sur Terre le lundi 25 avril 2022 au large des côtes de la Floride[15].

Au cours de leur mission de 17 jours (240 orbites autour de la Terre, soit environ 6,3 millions de kilomètres), les spécialistes de la mission ont travaillé à bord du laboratoire orbital pendant 15 jours[16]. Ax-1 a pris en charge 26 charges utiles scientifiques et démonstrations technologiques qui avaient été prévues avec des partenaires universitaires et de recherche de premier plan dont notamment la Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et la Fondation Ramon, l’Hôpital de Montréal pour enfants, ainsi que des recherches menées par les partenaires d’Axiom, dont :

  • Recherches sur des méthodes d’auto-assemblage pour la construction dans l’espace (projet TESSERAE), en collaboration avec le MIT Media Lab Space Exploration Initiative et l’Aurelia Institute[17]

 

TESSERAE (Tessellated Electromagnetic Space Structures for the Exploration of Reconfigurable, Adaptive Environments) est un programme de recherche qui explore les méthodes d’auto-assemblage pour la construction dans l’espace[18]. Nommées d’après les petits carreaux des mosaïques de la Rome antique (tesselles), les tuiles modulaires TESSERAE peuvent s’auto-assembler pour créer une structure plus grande.

Les tuiles TESSERAE de l’équipe d’Ariel Ekblaw[19] se chargent empilées à plat pour le lancement. Une fois activées, elles forment un essaim robotique d’unités autonomes et auto-assemblées utilisées pour la construction à la demande, avec des applications futures allant d’une pièce supplémentaire sur une station spatiale à des miroirs paraboliques, en passant par une possible base avancée sur d’autres mondes[20].

Les prototypes lancés dans le cadre de la mission Ax-1 comprennent un ensemble de quelques tesselles dotées de capteurs et d’électro-aimants permanents qui contrôlent les conformations et fournissent un diagnostic concernant la qualité des liaisons entre les unités[21]. Cette démonstration s’appuie sur les précédentes évaluations en « gravité zéro » [22] de l’expérience TESSERAE (ex : New Shepard, 2019 ; SpaceX, 2020). Elle vise à avancer les recherches dans le domaine (ex : tuiles programmables, algorithmes comprenant des fonctions de détection et de correction d’erreurs pour assurer la robustesse de l’auto-assemblage)[23],[24].

 

Concept d’assemblage de TESSERAE : Emballage à plat pour le lancement, tuiles libérées pour s’auto-assembler de manière quasi-stochastique, géométrie cible, constellation de multiples modules TESSERAE amarrés. Source : A. Ekblaw

 

Matériel TESSERAE v1 et unité de détection séparée, préparés pour les tests en microgravité lors du vol parabolique dit « ZERO-G ».

Source : A. Ekblaw https://www.media.mit.edu/projects/tesserae-self-assembling-space-architecture/overview/

 

L’un des essais d’assemblage de démonstration en orbite à bord de l’ISS lors de la mission Ax-1. Source : Aurelia Institute https://www.aureliainstitute.org/tesserae

 

  • Organoïdes tumoraux en orbite terrestre basse, en collaboration avec l’UC San Diego et le Sanford Consortium for Regenerative Medicine.

 

Le laboratoire du Dr Muotri a mis au point une méthode pour développer in vitro des organoïdes de cerveau humain fonctionnel – des versions tridimensionnelles, miniaturisées et simplifiées de l’organe- produites à partir de cellules souches reprogrammées. Ces organoïdes cérébraux sont capables de présenter une activité de réseau neuronal sophistiquée, avec des ondes cérébrales oscillatoires similaires aux premiers stades du neurodéveloppement humain. Ces modèles ont permis au Dr Muotri et à d’autres chercheurs d’étudier des fonctions biologiques ayant des implications pour une meilleure compréhension de la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurologiques.

À l’aide de l’un de ses nanobioréacteurs contenant des cellules souches cancéreuses humaines (pour accélérer les conditions de croissance cellulaire) et d’un système de suivi de cellules souches cancéreuses, cette étude embarquée tirera parti des aspects de vieillissement accéléré de l’environnement de microgravité pour évaluer les changements précoces de pré-cancer et de cancer dans les organoïdes tumoraux. Ce projet de biologie cellulaire vise à identifier des biomarqueurs pour la détection précoce et soutient les objectifs futurs de la recherche sur les cellules souches cancéreuses à bord de l’ISS. L’équipage d’Ax-1 étudiera des échantillons de cellules sous un microscope à haute résolution afin de déterminer l’activité du cycle cellulaire dans la croissance du cancer.

« Cette expérience révolutionnaire permettra d’évaluer plus de 100 organoïdes cérébraux, également appelés « mini-cerveaux », en orbite », a déclaré Mr Muotri, professeur aux départements de pédiatrie et de médecine cellulaire et moléculaire de la faculté de médecine de l’UC San Diego. « Nous pourrons observer en continu la formation du tube neural, y compris la migration des cellules, l’interaction cellule-cellule, la division et la mort des cellules. Ce sera le premier d’une série de vols spatiaux qui nous aideront à comprendre les subtilités du développement du cerveau, tant en apesanteur que sur Terre. »[25]

 

  • Recherches biomédicales avec l’Institut de recherche translationnelle pour la santé spatiale, un consortium du Baylor College of Medicine (Houston), de Caltech et du MIT.

Le Translational Research Institute for Space Health (TRISH) mène des recherches biomédicales sur chacun des membres de l’équipage, avant le lancement et après leur retour sur Terre. Diverses données seront recueillies, notamment des données physiologiques, une batterie de tests cognitifs, des tests d’équilibre et de perception et des tests d’acuité visuelle pour mieux comprendre les effets de la microgravité[26] sur le corps humain. L’amélioration de la santé et des performances humaines est l’un des objectifs du programme EXPAND (Enhancing eXploration Platforms and ANalog Definition) de TRISH, qui compile les données sur la santé provenant de vols spatiaux privés dans une base de données de recherche centralisée. Ces données devraient permettre de mieux comprendre l’impact de l’espace sur la santé humaine et de préparer les humains aux exigences des voyages spatiaux de longue distance et de longue durée, notamment vers la Lune et, à terme, vers Mars[27],[28].

  • Test d’un photocatalyseur avec l’entreprise Japan Manned Space Systems (JAMSS), en collaboration avec la Tokyo University of Science, et la Tokyo University of Agriculture and Technology

JAMSS propose un dispositif portable de purification de l’air qui pourrait améliorer la qualité de vie lors des séjours dans la station spatiale. En effet, le nombre de personnes en orbite dans la station spatiale est appelé à augmenter avec l’essor des vols spatiaux privés.

Pour ce faire, JAMSS, qui avait a signé un protocole d’accord (MOU) avec Axiom Space en 2017, a développé le dispositif photocatalytique en coopération avec l’Université scientifique de Tokyo (Tokyo University of Science) et l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo (Tokyo University of Agriculture and Technology), des leaders de cette technologie. La démonstration du dispositif JAMSS a été réalisée pour vérifier les performances avec un filtre photocatalyque amélioré[29].

 

Le port spatial de Houston héberge d’autres acteurs comme :

Collins Aerospace

Collins Aerospace[30] conçoit, fabrique et entretient des systèmes et des composants pour l’aviation commerciale, l’aviation d’affaires, l’armée et la défense, les hélicoptères, l’espace, les aéroports et d’autres industries[31].

Neil Armstrong a utilisé une combinaison spatiale et une radio conçue et fabriquée par ce qui est devenu Collins Aerospace en 2018, pour diffuser la fameuse phrase « C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité« [32], lors de l’alunissage d’Apollo 11[33].

Les nouveaux locaux de Collins Aerospace, sur un terrain de 4 hectares, serviront pour mettre au point et valider les nouveaux systèmes de contrôle environnemental et de survie dans l’espace (Environmental Control and Life Support Systems, ECLSS). Ils hébergeront aussi un incubateur pour le port spatial[34].

 

Construction des nouveaux bâtiments de Collins Aerospace qui hébergeront notamment un incubateur, au rez-de-chaussée à droite*

Source : R. Seigneuric

 

Intuitive Machines

Intuitive Machines[35] est une startup créée en 2013 qui souhaite « rétablir la domination des États-Unis sur le terrain le plus élevé, la Lune »[36], tout en « débloquant l’économie lunaire pour explorer le système solaire et acquérir des connaissances pour le progrès de l’humanité »[37].

Intuitive Machines conçoit, produit, teste et certifie des atterrisseurs lunaires (lunar lander) non-habités (pour le moment), utilisant de l’IA pour un atterrissage le plus sûr possible. Ses méthodes d’innovation rappellent celles de SpaceX et comportent du design thinking, suivi de prototypage rapide de plusieurs solutions en parallèle (imprimantes 3D, utilisant des alliages métalliques plus résistants que le titane), des tests volontairement simples et rapides, en vue d’apprendre le plus possible des « erreurs » et optimiser ainsi les processus et les produits, afin de converger rapidement vers une solution qui était inconnue au départ.

Constituée d’une équipe d’environ cent cinquante personnes, volontairement très diverse dans sa formation (mécanique, électronique, soudure, additive manufacturing, CAO, etc) et dans la manière de penser de chacun, les compétences sont préférées au prestige des universités d’origines, préférant recruter des « Mac Givers » qui expérimentent en permanence pour trouver des solutions aux nouveaux problèmes qui se présentent.

Il y a deux ans, SpaceX devenait la première entreprise privée à envoyer des astronautes dans l’espace. Il est prévu qu’à la fin de cette année, SpaceX lance l’atterrisseur Nova-C depuis la Floride, envoyant le premier atterrisseur lunaire privé sur une trajectoire directe vers la Lune, et le premier engin spatial à se poser sur le pôle sud de la Lune[38].

Aura lieu alors, la toute première expérience de forage de glace lunaire. La glace lunaire pourrait être extraite et convertie en carburant, en oxygène et en méthane. Dans une perspective à long terme, il serait techniquement possible de fabriquer du carburant sur la Lune et alimenter un vaisseau spatial pour aller encore plus loin[39].

Intuitive Machines (IM) construit de nouveaux bâtiments pour s’agrandir sur un terrain de 6 hectares[40]. IM prévoit de passer de 150 à 200 employés d’ici la fin de l’année, la plupart de ses employés seront basés dans son nouveau centre spatial.

 

Venus Aerospace

Venus Aerospace est une startup deeptech fondée en 2020 par des californiens venus à Houston (notamment pour des avantages fiscaux, l’état du Texas ne taxant pas les entreprises)[41]. Cette startup se focalise sur la construction d’un drone hypersonique Mach 9 et d’un avion spatial Mach 9 à une altitude de 150 000 pieds (environ 46 km)[42]. Tous deux devraient être capables de connecter des  destinations dans le monde en une heure (ex : Los Angeles-Tokyo)[43].

L’avion spatial Mach 9 « Stargazer » ressemble un peu à un Concorde, notre avion de ligne qui voyageait à plus de deux fois la vitesse du son, reliant Londres à New York en 3,5 heures environ. Venus Aerospace affirme que son avion, avec moteurs de fusée, ressemble davantage à une navette spatiale. Celle-ci, une fois rentrée dans l’atmosphère terrestre, planerait jusqu’à la piste d’atterrissage[44].

 

La question de l’éducation et de la main d’œuvre

L’équipage de l’Ax-1 a partagé son enthousiasme de l’accès élargi à l’espace avec une nouvelle génération d’explorateurs de l’espace, en participant à plus de 30 projets STEAM (science, technologie, ingénierie, art et mathématiques). Les activités de sensibilisation ont été menées en anglais, en hébreu, en espagnol, en français et en arabe. Ceci suscitera probablement des vocations.

De son côté, Intuitive Machines a développé avec une première formation en alternance (et en hybride durant la pandémie), le center EDGE[45], via un partenariat avec le San Jacinto College, le partenaire officiel de formation pour le port spatial de Houston[46].

Le center EDGE propose pour commencer 4 programmes de technicien en : fabrication et réparation de composites, montage électrique aérospatial, structures aérospatiales, mécatronique et automatisation industrielle[47].

En plus des filières techniques, le center EDGE propose une formation de pilote de petits avions sans pilote (small unmanned aircraft system ou sUAS) ou de drone. Ce cours prépare les étudiants au test de pilote de drone commercial de la partie 107 de la Federal Aviation Administration (FAA).

Comme le déclarait Mr Diaz, directeur du Houston Airport System « Notre main-d’œuvre doit être prête à saisir les opportunités qui découleront de cette entreprise extraordinaire et cruciale »[48].

 

Rédacteur : R. Seigneuric, Attaché pour la Science et la Technologie, Consulat Général de Houston, attache-phys at ambascience-usa.org

Merci au CNES pour sa relecture attentive.

 

Références :

[1] Rappelons que pour des raisons historiques, la définition américaine commune de la FAA et de la NASA, de l’espace est définie à plus de 80,5km (50 miles) au-dessus du niveau de la mer[1], tandis que pour la Fédération aéronautique internationale et de nombreuses autres organisations, la limite entre l’atmosphère terrestre et l’espace (ligne de Kármán) est l’altitude de 100 km (62 miles).

[2] https://www.faa.gov/

[3]https://uscode.house.gov/view.xhtml?req=granuleid:USC-prelim-title51-section51501&num=0&edition=prelim

[4] Office of Commercial Space Transportation

[5] https://gizmodo.com/8-spaceports-that-are-americas-gateway-to-the-stars-1257821819

[6] Selon la chambre de commerce du grand Houston

[7] Selon la chambre de commerce du grand Houston

[8] Les 2 autres étant : Bush Intercontinental Airport (IAH) et Hoby Airport

[9] https://web.archive.org/web/20150701225730/http://www.fly2houston.com/0/3922731/0/83280D83283/

[10] https://www.cnbc.com/2021/02/16/axiom-space-raises-130-million-and-becomes-the-latest-space-unicorn.html

[11] https://www.failory.com/startups/aerospace-unicorns

[12] Michael Suffredini, cofondateur et PDG, a occupé le poste de gestionnaire du programme de l’ISS de la NASA de 2005 à 2015 et a supervisé la transition de la station de l’assemblage à l’exploitation et à l’utilisation commerciale.

[13] https://www.youtube.com/watch?v=eUC1UI4nWks

[14] Chaque membre d’équipage a suivi plus de 700 heures d’entraînement d’astronaute avant le lancement.

[15] https://www.axiomspace.com/news/ax1-crew-returns-safely

[16] Les membres de l’équipage, des astronautes privés, ont fait l’objet d’un examen officiel standard par la NASA et ses partenaires internationaux. Ils ont subi les tests de qualification médicale de la NASA avant d’être approuvés pour le vol.

[17] https://www.aureliainstitute.org/

[18] https://www.media.mit.edu/projects/tesserae-self-assembling-space-architecture/overview/

[19] Fondatrice et Directrice de la MIT Space Exploration Initiative, co-fondatrice et PDG d’Aurelia Institute, cheffe de projet de TESSERAE https://www.media.mit.edu/people/aekblaw/overview/

[20] Voir par exemple la vidéo de la chercheur Ariel Ekblaw, https://www.youtube.com/watch?v=KW8Vjs84Fxg

[21] A terme, 32 sont prévues https://www.youtube.com/watch?v=eUC1UI4nWks

[22] Au sens strict, la « gravité zéro » n’est pas possible d’après les lois de Newton. En pratique, le terme est souvent utilisé à la place de « microgravité », car plus facile à communiquer au public.

[23] https://www.axiomspace.com/news/ax-1-research-expands-access-to-iss

[24] https://www.youtube.com/watch?v=KW8Vjs84Fxg

[25] https://health.ucsd.edu/news/releases/Pages/2019-07-08-2019-a-space-organoid.aspx

[26] Souvent remplacée par le terme « gravité zéro » dans le langage courant

[27] https://www.axiomspace.com/news/ax-1-research-expands-access-to-iss

[28] https://www.axiomspace.com/news/ax1-crew-returns-safely

[29] https://www.axiomspace.com/news/ax1-crew-returns-safely

[30] Collins Aerospace, une filiale de Raytheon Technologies, est l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de produits aérospatiaux et de défense. Son siège social se trouve à Charlotte, en Caroline du Nord.

[31] Née de l’acquisition de Rockwell Collins et de sa fusion avec UTC Aerospace Systems en 2018

[32] “That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind”

[33] https://www.collinsaerospace.com/news/stories/2019/07/apollo-11-redefining-space-exploration

[34] https://www.houstonchronicle.com/news/houston-texas/space/article/Houston-Spaceport-announces-Collins-Aerospace-as-16188126.php

[35] https://www.intuitivemachines.com/

[36] Reestablishing the United States’ dominance on the ultimate high ground, the Moon

[37] unlocking the lunar economy to explore the solar system and gain knowledge for the progress of humanity

[38] https://www.linkedin.com/company/intuitive-machines/

[39] https://www.linkedin.com/posts/intuitive-machines_were-taking-the-first-ever-lunar-ice-drilling-activity-6932694859896029184-BZdb?utm_source=linkedin_share&utm_medium=member_desktop_web

[40] https://www.houstonchronicle.com/news/houston-texas/space/article/Three-new-facilities-are-coming-to-the-Houston-17166622.php

[41] https://www.venusaero.com/why-houston/

[42] ce qui est assez élevé pour voir le « noir » de l’espace

[43] https://www.venusaero.com/

[44] https://www.houstonchronicle.com/news/houston-texas/space/article/Houston-company-developing-a-hypersonic-plane-17058471.php

[45] https://www.sanjac.edu/programs-courses/cpd/your-career/aerospace-program/aerospace-edge-center

[46] https://sanjac.mycareerfocus.org/fall-2020-volume-1-issue-40/san-jacinto-college-edge-center-offers-students-out-of-this-world-aerospace-training/

[47] https://www.einnews.com/pr_news/489758258/san-jacinto-college-launches-the-edge-center-at-houston-spaceport

[48] https://www.houstonchronicle.com/news/houston-texas/space/article/Three-new-facilities-are-coming-to-the-Houston-17166622.php

* Pour un ordre de grandeur des dimensions de la portion du bâtiment prise en photo, noter, à l’une des extrémités du bras de la grue, une personne, en rouge.

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