EDITO

Le 3 novembre 2020, le scrutin présidentiel américain aboutissait à l’élection de Joe Biden qui a classé le climat parmi ses priorités. Le lendemain,

Le 3 novembre 2020, le scrutin présidentiel américain aboutissait à l’élection de Joe Biden qui a classé le climat parmi ses priorités. Le lendemain, conformément aux annonces du président Trump, les Etats-Unis quittaient officiellement l’accord de Paris alors que le monde fêtera l’anniversaire des cinq années de sa signature, le 12 décembre prochain.

Le président-élu a fait campagne sur la promesse d’un investissement de 2000 milliards de dollars pour le climat et l’environnement, sur les quatre prochaines années. Son programme mentionne l’objectif de mettre les Etats-Unis sur la voie d’une neutralité carbone en 2050 et d’un secteur de l’électricité non émetteur de gaz à effet de serre d’ici 2035.

Joe Biden a déjà annoncé vouloir engager la procédure pour réintégrer l’accord de Paris dès les premiers jours qui suivront son investiture, le 21 janvier 2021.

A l’opposé de son prédécesseur, le président-élu affirme vouloir ériger sa politique et sa stratégie sur des fondements et des recommandations scientifiques, pour lutter notamment contre le changement climatique ou la COVID. Dénigrée, méprisée et attaquée sur son intégrité pendant ces quatre années, la communauté scientifique est soulagée par la perspective d’une nouvelle équipe à la Maison Blanche.  Alors que Donald Trump avait attendu 1an ½ pour nommer le directeur de l’Office of Science and Technology Policy (OSTP), le président-élu vient de désigner Cristin Dorgelo pour conduire la transition de ce bureau qui oriente et coordonne les priorités scientifiques et technologiques du pays.

Mais pour faire avancer son agenda en faveur du climat et de l’environnement, le président-élu devra se battre sur deux fronts.

Son programme s’inspire en partie du « green new deal » promu lors des primaires par le sénateur Bernis Sanders et la représentante Alexandra Ocasio Cortes. Ce plan met en synergie un programme de réduction agressive des émissions de gaz à effet de serre, avec le déploiement de mesures de justice sociale et environnementales. Les démocrates porteurs de ce projet de société ambitieux veilleront au déploiement de mesures qui mettent en synergie un développement économique inclusif et la résolution des enjeux écologiques et de changement climatique.

En opposition, les lobbyistes du monde économique bien installés à Washington devraient poursuivre leur influence sur le congrès alors que le sénat pourrait être à majorité républicaine.

Bien qu’extrêmement divisés sur les questions de société, les américains placent pourtant la question du climat en troisième position de leurs préoccupations après l’économie et la COVID. Ils devraient donc être vigilants sur les initiatives de la nouvelle administration.

C’est dans ce contexte que l’Ambassade de France à Washington envisage de célébrer pendant les semaines à venir, les cinq ans de la signature de l’accord de Paris. Plusieurs évènements qui impliquent largement le service scientifique de cette Ambassade seront organisés à travers les Etats-Unis. Vous trouverez la liste des débats, des webinaires, des projections de films organisés pour célébrer cet anniversaire dans la partie agenda de cette Newsletter.

Cette Newsletter est pour cette occasion entièrement dédiée aux enjeux environnementaux et climatiques. Je vous souhaite une bonne lecture.

 

Stéphane RAUD, Attaché pour la Science et la Technologie

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