Les bureaux nord-américains INRAE et FAO co-organisent une discussion inédite sur l’intégration systématique des enjeux biodiversité en agriculture

 

L’ouverture du bureau INRAE en Amérique du Nord a permis d’établir des liens directs avec la représentation en Amérique du Nord de l’Organisation onusienne pour l’Agriculture et l’Alimentation, la FAO (Food and Agriculture Organization), basée à Washington D.C. Ces liens, se concrétisent une nouvelle fois (voir ici pour l’historique des collaborations) à travers l’organisation d’une conférence virtuelle inédite de haut niveau. Le webinaire, intitulé Mainstreaming Biodiversity-Sensitive Agriculture for Sustainable Food Systems, est programmé au 20 septembre 2021 à 10 h EDT (16 h GMT+2). Il s’intègre dans les discussions stratégiques ayant cours dans l’agenda international, rythmé par plusieurs sommets marquant la mise en oeuvre des calendriers biodiversité et systèmes alimentaires durables, comme le Congrès UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) de septembre à Marseille, le Sommet sur les Systèmes Alimentaires également en septembre à New-York City, et la COP15 Biodiversité d’octobre à Kunming. La discussion permettra de faire intervenir des représentants et scientifiques des deux institutions afin d’échanger sur les enjeux transversaux de ces évènements structurants des calendriers politique et scientifiques internationaux.

 

 

 

Le rapport FAO State of the World Biodiversité for Food and Agriculture, publié en 2019 et disponible ici , ainsi que plusieurs autres études globales, présentent un arsenal de preuves attestant du déclin rapide et quotidien de la biodiversité supportant nos systèmes alimentaires. Selon ce rapport, la « biodiversité » correspond à l’ensemble des formes de vie aux niveaux génétiques, des espèces et des écosystèmes. La « biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture » (BAA) représente quant à elle le sous-groupe de biodiversité contribuant d’une façon ou d’une autre à la production agricole et alimentaire. Elle inclut les plantes et animaux domestiqués faisant partie des systèmes de cultures végétales, d’élevages, de forêts et d’aquaculture, les forêts et les espèces aquatiques cultivées, les parents sauvages des espèces domestiquées, ainsi que les autres espèces sauvages exploitées pour leurs valeurs nutritives comme pour des usages alternatifs. La catégorie intègre aussi la « biodiversité associée », définie comme le vaste ensemble d’organismes vivants au sein et autour des systèmes de production agricoles et alimentaires, qui les maintient et contribue à leurs productions.

Parmi les conclusions principales du rapport, on peut notamment lire que la BAA est essentielle à la résilience des systèmes de production et aux activités de subsistences face aux chocs et aux stress liés au changement climatique. Elle participe également aux efforts visant à augmenter la production alimentaire tout en limitant voire réduisant les impacts sur l’environnement. A de nombreux égards, la BAA fournit des revenus aux ménages, tout particulièrement à ceux ayant un accès limité à la production alimentaire, ou vivant dans des zones marginales ainsi que des environnementaux productifs difficiles.

Ces tendances révèlent la vulnérabilité et les menaces planant sur nos futurs systèmes agricoles et alimentaires. Une fois perdues, les espèces et la biodiversité mainteannt ces systèmes ne peuvent être retrouvées. Alors que les pratiques favorables à la biodiversité se multiplient dans certains pays, constituant des pistes porteuses d’espoir, ces efforts doivent nécessairement être portés à grande échelle et mieux coordonnés.

Le panel explorera les défis et opportunités liés à la promotion des pratiques agricoles durables ainsi que les approches existantes visant à lutter contre les tendances actuelles de déclin de la biodiversité. Seront également examinées les actions et politiques nécessaires pour rendre possible un monde où l’agriculture et les systèmes alimentaires réduisent leurs impacts négatifs sur la diversité biologique et les écosystèmes, tout en contribuant à restaurer la biodiversité, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que des moyens de subsistance durables pour tous et toutes.

 

Agenda

 

Bienvenue

Jocelyn Brown Hall, Directrice, FAO Amérique du Nord

Jean-François Soussana, Vice-Président aux Affaires Internationales, INRAE

Introduction
Thierry Caquet, Scientific Director for the Environment, INRAE
Eduardo Mansur, Director, Office of Climate Change, Biodiversity and Environment, FAO
Panel
Irene Hoffmann, Secrétaire de la Commission FAO sur les Ressources Génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture
Marc Deconchat, Directeur de Recherche INRAE et Directeur du Métaprogramme BIOSEFAIR*
Modérateur
Thomas Pesek, Expert chargé de liaison, FAO Amérique du Nord

 

 

L’inscription est disponible au lien suivant : https://fao.zoom.us/webinar/register/WN_vFMz2_S1SXel6B9gd0h0MA

 

* Le métaprogramme INRAE BIOSEFAIR (Biodiversité et Service Ecosystémiques) est un dispositif d’animation et de programmation scientifique a vocation à développer une approche systémique et interdisciplinaire répondant aux défis scientifiques et sociétaux posés par le double enjeu de la gestion durable de services et fonctions assurés par les écosystèmes (nourriciers, régulateurs ou socioculturels) et de la conservation et la restauration de l’ensemble de la biodiversité.

Biosefair étudie un large spectre de services tels que la contribution à l’atténuation du changement climatique, à la pollinisation, à la protection des cultures, la prévention des risques naturels ou encore les services culturels. Ce métaprogramme marque une évolution dans la façon de prendre en compte cette diversité de services en privilégiant une approche centrée sur les socio-écosystèmes constitués autour des milieux agricoles, systèmes d’élevage, milieux forestiers et aquatiques continentaux.

Lancé en 2021, Biosefair s’inscrit dans dynamique du métaprogramme Inra « Services rendus par les écosystèmes » (EcoServ) et mobilise les réflexions de la prospective scientifique interdisciplinaire « Agroécologie »

Pour plus d’informations, contacter Juliette Paemelaere, Chargée de coopération scientifique INRAE, [email protected]